La Fondation Folon a détaillé cette semaine le programme de « Jirô Taniguchi. Portrait lointain », l'exposition qu'elle ouvrira le 17 octobre 2026 dans le parc du château de La Hulpe, au sud de Bruxelles. Jusqu'au 14 février 2027, plus de 160 planches et illustrations venues du Japon y seront accrochées, dont de nombreux originaux montrés pour la première fois. La Fondation la présente comme la première grande exposition consacrée au mangaka en Europe depuis plus de dix ans : la précédente, « Jirô Taniguchi, l'homme qui rêve », avait été montée par le festival d'Angoulême en janvier 2015, en présence de l'auteur.
L'événement est organisé avec les ayants droit de l'auteur, la société Furari Co., Ltd. (Tokyo), ainsi qu'avec les éditions Casterman, son éditeur français historique, le Bureau des Copyrights Français de Tokyo et Wallonie-Bruxelles International. Il s'inscrit dans les célébrations des 160 ans de relations diplomatiques entre la Belgique et le Japon.
Un auteur à part, dix ans après sa disparition
Né à Tottori en 1947 et mort à Tokyo en février 2017, à 69 ans, Jirô Taniguchi occupe une place singulière dans le manga tel qu'il est lu en Europe. Ses récits les plus connus, Quartier lointain, L'Homme qui marche, Le Journal de mon père ou Le Sommet des Dieux (scénarisé par Baku Yumemakura), ont été publiés en français par Casterman et ont touché un lectorat qui ne lisait pas forcément de manga. Quartier lointain avait reçu le prix du scénario au festival d'Angoulême en 2003.
Sa carrière ne se résume pourtant pas à ces récits intimistes. La Fondation rappelle qu'il a traversé le polar, le western, la chronique historique, l'aventure, le fantastique, le récit animalier et le manga gastronomique. C'est ce parcours, des débuts dans les années 1970 jusqu'à l'œuvre de maturité, que « Portrait lointain » entend retracer à travers esquisses, story-boards et planches originales.
« S'il commence comme un auteur de manga classique, son œuvre évolue vers une narration plus lente, intime, poétique et nourrie par son intérêt pour la BD franco-belge », expliquait en janvier Pauline Loumaye, responsable des expositions de la Fondation Folon, à L'Avenir. Le lien avec la Belgique n'est pas anecdotique : Taniguchi revendiquait l'influence de la bande dessinée européenne, et sa présence à La Hulpe fait aussi écho à la passion de Jean-Michel Folon pour le Japon, où l'artiste belge a voyagé dès les années 1970.
Projections, ateliers et tarifs
Autour de l'exposition, le Cinéma Galeries, à Bruxelles, programme le film d'animation Le Sommet des Dieux de Patrick Imbert, adapté du manga de Taniguchi et Yumemakura. Deux séances publiques sont annoncées : le samedi 17 octobre à 17 h, en présence de Myriam Dartois, directrice du Bureau des Copyrights Français, et le samedi 12 décembre, avec le réalisateur. Des séances scolaires sont prévues à sept dates entre le 16 octobre et le 22 janvier.
La Fondation propose également deux ateliers pendant les congés d'automne, origami le 21 octobre et etegami (cartes illustrées peintes) le 28 octobre, à 14 h. Le billet pour les expositions temporaires est fixé à 10 euros au tarif plein, 9 euros pour les plus de 65 ans, 5 euros pour les moins de 26 ans et les étudiants, gratuit pour les moins de 6 ans, avec un forfait famille à 30 euros.
Un automne belge sous le signe du manga
L'ouverture tombe à un jour près en même temps que celle de [Mangatopia](/articles/mangatopia-exposition-30-ans-kana-musee-bd-bruxelles), l'exposition des 30 ans des éditions Kana au Musée de la Bande Dessinée de Bruxelles, qui débute le 16 octobre. Deux grandes expositions manga à quelques kilomètres l'une de l'autre, sur la même période : la Belgique s'offre une saison inhabituelle pour les lecteurs francophones.
Pour la Fondation Folon, « Portrait lointain » clôt une année tournée vers le Japon, ouverte au printemps par une exposition consacrée à l'architecte Kengo Kuma. Elle prolonge aussi les échanges récents de l'institution avec l'archipel, où une rétrospective Folon a circulé entre Tokyo, Nagoya et Osaka de juillet 2024 à octobre 2025.
Côté librairie, l'actualité Taniguchi est elle aussi fournie : Casterman a publié le 9 septembre Invitations, un recueil de trois récits inédits en France, dessinés dans les derniers mois de la vie de l'auteur et parus au Japon chez Shôgakukan en décembre 2017. De quoi préparer la visite, ou la prolonger.



